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18/03/2015

La truite de nouveau au bout de la ligne

truite.jpgLe jour de l'ouverture, pour prendre de belles truites sauvages, la pêche au toc est une valeur sûre. Photo: Fédération Nationale de la Pêche

 

Plus d'un million et demi de pêcheurs français sont «la canne au pied». Car  après six mois d'attente, c'est l'ouverture de la pêche dans la plupart des rivières de première catégorie où vivent les belles truites aux flancs constellés de jolis points rouge et noir. La pêche de la truite (première catégorie) sera ouverte du 14 mars au 20 septembre inclus.


Pour comprendre la passion portée à la fario par les disciples de saint Pierre (patron des pêcheurs), il suffit de regarder la carte de «La pêche en France», publiée par l'Institut géographique national (voir eb bas d'article). Dans les massifs des Pyrénées ou des Alpes, en Auvergne, en Bretagne, en Languedoc-Roussillon, en Normandie, en Alsace, en Franche-Comté, en Bourgogne... les rivières de première catégorie, signalées en rouge, sautent immédiatement aux yeux. Bref, la truite est présente à peu près partout dans l'Hexagone. En outre, c'est un poisson très méfiant, ce qui rend sa pêche passionnante car elle nécessite beaucoup de discrétion dans l'approche et un grand sang-froid au moment du ferrage. Ensuite, c'est à la fois avec douceur et fermeté qu'il faudra savoir ramener la truite jusqu'à l'épuisette car elle saura exploiter la moindre erreur, avec à la clé décrochage ou casse.


D'un manière générale, tout dépendra des conditions météorologiques. Ces dernières semaines, la neige est tombée en abondance sur l'ensemble des régions de France. Mais le redoux, récemment intervenu en plaine, a entraîné une fonte des neiges qui a, à la fois, grossi et refroidi les eaux. Or, la truite est très sensible à la température.


Les poissons risquent d'être léthargiques et de rester «calés» sous un caillou ou sous la berge, en attendant que les rivières se réchauffent pour partir en chasse. En montagne, tant que le froid persiste, la neige tient et les petits torrents peuvent se révéler intéressants. Mais dès qu'elle fond, les eaux deviennent laiteuses et annulent tout espoir de «toucher» une belle fario».


Bref, les «chevaliers de la gaule» vont devoir s'adapter à l'état des rivières et choisir les techniques les plus appropriées. A l'ouverture, le «toc» donne de bons résultats, car rares sont les truites qui ne se laissent pas tenter par un beau ver de terre, bien présenté. La cuiller a aussi ses adeptes, tout comme le vairon ou le poisson-nageur. En attendant les belles éclosions d'insectes aquatiques de la période mai-juin, les pêcheurs à la mouche auront intérêt à prospecter le long des berges avec un streamer ou une nymphe très plombée


En cas de bredouille, les pêcheurs pourront toujours se rabattre sur les truites d'élevage (arc-en-ciel principalement), lâchées par centaines de milliers, quelques jours avant l'ouverture, par les associations de pêche (on en compte près de 4 200 en France). Certains déplorent cette pratique car ces truites, dites de «bassine», sont bien loin d'avoir la combativité des farios. Toutefois, elles permettent de limiter la pression sur les populations naturelles et de satisfaire bien des pêcheurs. Enfin, c'est l'occasion pour les débutants de prendre leur première truite et donc de «mordre» à un loisir qui ne cesse de perdre du terrain (l'effectif de pêcheurs a reculé de 8% l'an dernier).

 

CA 912 IGN 916
Auteur Institut géographique national (France)
Titre La Pêche en France[document cartographique]  / réalisé et publié par L'institut géographique National ; avec le concours du Conseil supérieur de la pêche.

11:06 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2)

04/03/2015

Mâconnais et Chalonnais l’esprit de conquête

Malgré un déficit de notoriété, les vignerons de la Bourgogne du sud sont bien décidés à imposer l’identité de leurs terroirs.

bourgogne les vins.jpg

Un conseil pour qui découvre la Bourgogne du Sud : ne pas se fier aux apparences. Si la règle sociale, qui impose implicitement de ne pas se démarquer de son voisin, entrave considérablement le commerce des vins de la région dans un marché où l’agressivité est devenue nécessaire, elle ne nuit pas à la qualité.

Souvent laissée pour compte, la Bourgogne du Sud souffre d’un déficit de notoriété qui se manifeste particulièrement en période de crise. Elle sait pourtant offrir des saveurs aussi élégantes que la Bourgogne du Nord. Et tandis que les banques annoncent de sérieuses déconvenues, les vignerons se mobilisent pour valoriser leur savoir-faire. Un vent de conquête souffle, se répand parmi les professionnels, bien décidés à imposer l’identité de leurs terroirs, à garantir une qualité plus homogène, afin de créer une image plus solide de la région.

Le gérant de la Cave de Mancey à Mâcon, doit se faire violence pour se mettre au diapason d’un monde qui exige de lui une meilleure communication de son savoir-faire. De taille moyenne, la cave s’est construite à l’emplacement d’une ancienne station-service : on se gare là où l’on s’approvisionnait en gazole. Vinifiant la production de 80 viticulteurs qu’elle a su responsabiliser, la coopérative a pris à temps le virage qualitatif.

Revendiquer le nom d’un domaine était évidemment l’un des objectifs commerciaux. Mais surtout, l’effet induit fut très positif. Les vignerons concernés ont dès lors considéré leur métier différemment, constatant dans le verre les résultats de leurs efforts dans les vignes. Nos vignerons se sont alors pris au jeu.

En vingt ans la qualité de la Cave de Mancey n’a cessé de progresser. On peut apprécier le résultat grâce aux trois cuvées Les Essentielles, ornées d’étiquettes contemporaines sobres et gaies qui sortent des sentiers battus. Mâcon blanc vieilles vignes (5,47 €), Mâcon Mancey (5,26 €) ou Bourgogne rouge (6,26 €) sont les modèles auxquels aspire toute la production, avec des rendements limités (45 hl/hectare par exemple pour le mâcon blanc).

Pour se donner les moyens de renforcer toujours plus la qualité, il faut récompenser le vigneron. La rémunération de la qualité en amont fait aussi partie de la nouvelle Bourgogne

Même son de cloche chez le propriétaire et négociant Rodet. Venue de Champagne, cette nouvelle figure se veut optimiste : Certes, le business est très mauvais en ce moment. Mais, au niveau mondial, la Bourgogne reste une niche, avec d’un côté ses vins à des prix astronomiques, d’un autre, ses vins à prix de bataille et à qualité variable. « La Bourgogne a « sous-communiqué » parce qu’elle est dispersée. Son offre est compliquée. Mais je ne crois pas à la politique marketing du Nouveau Monde appliquée à la Bourgogne. Il faut croire aux terroirs, qui sont une réalité. Il nous faut donc travailler sur la qualité et sur l’histoire. La seule voie de sortie de la Bourgogne est vers le haut, et pour cela il faut vendre encore plus cher les grands vins de Bourgogne qui sont du sur-mesure.

Communiquer davantage pour créer plus de valeur, tel est l’objectif de la maison de négoce, qui est loin d’être la seule à annoncer les solutions de secours. Pour se distinguer, les vins de prestige de la région doivent s’imposer : «La Bourgogne est incapable de se battre sur les mêmes prix que les vins étrangers ou d’autres régions de France. Notre pinot noir est en effet un cépage fragile, qui ne supporte pas de gros rendements. C’est un cépage fin, avec lequel il faut être vigilant, et cela coûte cher.

La crise offre l’opportunité à la Bourgogne de se renouveler. Il faut rétablir la relation de confiance entre le négociant et le vigneron, notamment par des contrats peut-être sur quatre ans. Sous l’appellation Bourgogne, il ne doit pas y avoir de vins médiocres, et il en est parfois. La Bourgogne se doit d’être encore plus précise.

Le pacte vignerons-négoce n’est plus ce qu’il était, et certains jeunes loups n’ont pas tardé à s’engouffrer dans la brèche. Ainsi voit-on naître depuis deux ou trois ans des petites structures de négoce en parallèle à une activité de viticulture.

A ses débuts, Aladame sut refréner ses ambitions, se concentrant sur l’appellation montagny, alors totalement méconnue, dont la production va encore pour ses deux tiers à la cave coopérative de Buxy. Il loua des vignes à un vigneron qui partait à la retraite . Aujourd’hui, il ne produit que des montagny premiers crus blancs. Grâce à une offre ciblée, simple, il a pu valoriser son nom comme une valeur ajoutée de ses produits et ses clients en redemandent. D’où sa nouvelle activité de négoce, dans le but de proposer plus de volume. Avec son 4x4, il circule d’une vigne à l’autre et entretient des relations privilégiées avec ses vignerons.  Créant des vins d’une qualité de haut vol (entre six et sept euros la bouteille selon le millésime), il ne se cache pas d’avoir une vue beaucoup moins globale que beaucoup d’autres. On pourrait dire que l’appellation bouzeron est récente (1997), que le cépage est l’aligoté, dévalorisé à tort, que le syndicat d’appellation n’a pas les moyens d’un plan marketing quelconque, on trouverait des excuses à quelques difficultés de commercialisation.

En Bourgogne, Bouzeron est la seule appellation village à être issue à 100 % du cépage aligoté (et non du chardonnay), et cependant elle prouve que les niches fonctionnent avec les vins de Bourgogne de qualité. Historiquement, l’aligoté est emblématique de Bouzeron.
L’harmonie entre le cépage et le terroir est idéale : les sols de Bouzeron sont très maigres, très peu profonds, peu enclins à la production, et régulent donc naturellement à la baisse le cépage très productif qu’est l’aligoté.
Fier de sa réussite, le superbe petit village de Bouzeron propose le 4 avril prochain une dégustation de ses produits au fil de ses rues. Ce sera toujours ainsi que communiquera le mieux la Bourgogne.

à quoi reconnaît-on un vrai Bistrot ?

On les compte sur les doigts de la main à Paris : à quoi reconnaît-on un vrai Bistrot ? C'est un endroit où l'on ne vous fait pas la gueule, du style «Vous avez réservé ?» ; un restaurant où la convivialité est aussi importante que la carte. Si vous devez attendre, on vous offre au bar un coup de blanc bien frais avec une rondelle de saucisson. Le Quincy, L'Opportun, Le Terroir, La Tour de Montlhéry, Le Petit Pascal sont des lieux de plaisir où vous avez immédiatement le sentiment d'être un habitué, même si vous y entrez pour la première fois. Ajoutez-en un à la liste, de la même veine : Chez René (2).


Jean-Paul Cinquin a succédé à son père, le fondateur. Ici la cuisine est calquée sur le climat ambiant : généreuse. On ne vient pas là pour subir les modes bobos à la bouche pincée. Le décor date des années 50. Jambons et Jésus sont pendus au plafond.


D'abord l'assiette de cochonnailles, redoutable. Vade retro, Satanas ! : faites-la vite enlever, vous risqueriez de ne pas pouvoir aller tâter du radis noir à la crème, du saucisson chaud pommes à l'huile, des surprenantes rillettes de canard «fumé», des cuisses de grenouilles fraîches, du coq au vin – digne d'éloge, avec sa sauce bien dense, du bœuf bourguignon ou de l'entrecôte Bercy pour deux. Et un baba au rhum pour finir !


Vous vous êtes hypocritement ouvert l'appétit – comme si c'était nécessaire ! – avec un Viré-Clessé. Le Chenas ou le Juliénas peuvent désormais couler à flots.

Vous voyez : rien que du sérieux.

Chez René. 14, boulevard Saint-Germain. Paris Ve.  Fermé samedi midi, dimanche et lundi. Menus : 28, 39, 50 €. Carte : 40 €.

 
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