logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

04/03/2015

Mâconnais et Chalonnais l’esprit de conquête

Malgré un déficit de notoriété, les vignerons de la Bourgogne du sud sont bien décidés à imposer l’identité de leurs terroirs.

bourgogne les vins.jpg

Un conseil pour qui découvre la Bourgogne du Sud : ne pas se fier aux apparences. Si la règle sociale, qui impose implicitement de ne pas se démarquer de son voisin, entrave considérablement le commerce des vins de la région dans un marché où l’agressivité est devenue nécessaire, elle ne nuit pas à la qualité.

Souvent laissée pour compte, la Bourgogne du Sud souffre d’un déficit de notoriété qui se manifeste particulièrement en période de crise. Elle sait pourtant offrir des saveurs aussi élégantes que la Bourgogne du Nord. Et tandis que les banques annoncent de sérieuses déconvenues, les vignerons se mobilisent pour valoriser leur savoir-faire. Un vent de conquête souffle, se répand parmi les professionnels, bien décidés à imposer l’identité de leurs terroirs, à garantir une qualité plus homogène, afin de créer une image plus solide de la région.

Le gérant de la Cave de Mancey à Mâcon, doit se faire violence pour se mettre au diapason d’un monde qui exige de lui une meilleure communication de son savoir-faire. De taille moyenne, la cave s’est construite à l’emplacement d’une ancienne station-service : on se gare là où l’on s’approvisionnait en gazole. Vinifiant la production de 80 viticulteurs qu’elle a su responsabiliser, la coopérative a pris à temps le virage qualitatif.

Revendiquer le nom d’un domaine était évidemment l’un des objectifs commerciaux. Mais surtout, l’effet induit fut très positif. Les vignerons concernés ont dès lors considéré leur métier différemment, constatant dans le verre les résultats de leurs efforts dans les vignes. Nos vignerons se sont alors pris au jeu.

En vingt ans la qualité de la Cave de Mancey n’a cessé de progresser. On peut apprécier le résultat grâce aux trois cuvées Les Essentielles, ornées d’étiquettes contemporaines sobres et gaies qui sortent des sentiers battus. Mâcon blanc vieilles vignes (5,47 €), Mâcon Mancey (5,26 €) ou Bourgogne rouge (6,26 €) sont les modèles auxquels aspire toute la production, avec des rendements limités (45 hl/hectare par exemple pour le mâcon blanc).

Pour se donner les moyens de renforcer toujours plus la qualité, il faut récompenser le vigneron. La rémunération de la qualité en amont fait aussi partie de la nouvelle Bourgogne

Même son de cloche chez le propriétaire et négociant Rodet. Venue de Champagne, cette nouvelle figure se veut optimiste : Certes, le business est très mauvais en ce moment. Mais, au niveau mondial, la Bourgogne reste une niche, avec d’un côté ses vins à des prix astronomiques, d’un autre, ses vins à prix de bataille et à qualité variable. « La Bourgogne a « sous-communiqué » parce qu’elle est dispersée. Son offre est compliquée. Mais je ne crois pas à la politique marketing du Nouveau Monde appliquée à la Bourgogne. Il faut croire aux terroirs, qui sont une réalité. Il nous faut donc travailler sur la qualité et sur l’histoire. La seule voie de sortie de la Bourgogne est vers le haut, et pour cela il faut vendre encore plus cher les grands vins de Bourgogne qui sont du sur-mesure.

Communiquer davantage pour créer plus de valeur, tel est l’objectif de la maison de négoce, qui est loin d’être la seule à annoncer les solutions de secours. Pour se distinguer, les vins de prestige de la région doivent s’imposer : «La Bourgogne est incapable de se battre sur les mêmes prix que les vins étrangers ou d’autres régions de France. Notre pinot noir est en effet un cépage fragile, qui ne supporte pas de gros rendements. C’est un cépage fin, avec lequel il faut être vigilant, et cela coûte cher.

La crise offre l’opportunité à la Bourgogne de se renouveler. Il faut rétablir la relation de confiance entre le négociant et le vigneron, notamment par des contrats peut-être sur quatre ans. Sous l’appellation Bourgogne, il ne doit pas y avoir de vins médiocres, et il en est parfois. La Bourgogne se doit d’être encore plus précise.

Le pacte vignerons-négoce n’est plus ce qu’il était, et certains jeunes loups n’ont pas tardé à s’engouffrer dans la brèche. Ainsi voit-on naître depuis deux ou trois ans des petites structures de négoce en parallèle à une activité de viticulture.

A ses débuts, Aladame sut refréner ses ambitions, se concentrant sur l’appellation montagny, alors totalement méconnue, dont la production va encore pour ses deux tiers à la cave coopérative de Buxy. Il loua des vignes à un vigneron qui partait à la retraite . Aujourd’hui, il ne produit que des montagny premiers crus blancs. Grâce à une offre ciblée, simple, il a pu valoriser son nom comme une valeur ajoutée de ses produits et ses clients en redemandent. D’où sa nouvelle activité de négoce, dans le but de proposer plus de volume. Avec son 4x4, il circule d’une vigne à l’autre et entretient des relations privilégiées avec ses vignerons.  Créant des vins d’une qualité de haut vol (entre six et sept euros la bouteille selon le millésime), il ne se cache pas d’avoir une vue beaucoup moins globale que beaucoup d’autres. On pourrait dire que l’appellation bouzeron est récente (1997), que le cépage est l’aligoté, dévalorisé à tort, que le syndicat d’appellation n’a pas les moyens d’un plan marketing quelconque, on trouverait des excuses à quelques difficultés de commercialisation.

En Bourgogne, Bouzeron est la seule appellation village à être issue à 100 % du cépage aligoté (et non du chardonnay), et cependant elle prouve que les niches fonctionnent avec les vins de Bourgogne de qualité. Historiquement, l’aligoté est emblématique de Bouzeron.
L’harmonie entre le cépage et le terroir est idéale : les sols de Bouzeron sont très maigres, très peu profonds, peu enclins à la production, et régulent donc naturellement à la baisse le cépage très productif qu’est l’aligoté.
Fier de sa réussite, le superbe petit village de Bouzeron propose le 4 avril prochain une dégustation de ses produits au fil de ses rues. Ce sera toujours ainsi que communiquera le mieux la Bourgogne.

à quoi reconnaît-on un vrai Bistrot ?

On les compte sur les doigts de la main à Paris : à quoi reconnaît-on un vrai Bistrot ? C'est un endroit où l'on ne vous fait pas la gueule, du style «Vous avez réservé ?» ; un restaurant où la convivialité est aussi importante que la carte. Si vous devez attendre, on vous offre au bar un coup de blanc bien frais avec une rondelle de saucisson. Le Quincy, L'Opportun, Le Terroir, La Tour de Montlhéry, Le Petit Pascal sont des lieux de plaisir où vous avez immédiatement le sentiment d'être un habitué, même si vous y entrez pour la première fois. Ajoutez-en un à la liste, de la même veine : Chez René (2).


Jean-Paul Cinquin a succédé à son père, le fondateur. Ici la cuisine est calquée sur le climat ambiant : généreuse. On ne vient pas là pour subir les modes bobos à la bouche pincée. Le décor date des années 50. Jambons et Jésus sont pendus au plafond.


D'abord l'assiette de cochonnailles, redoutable. Vade retro, Satanas ! : faites-la vite enlever, vous risqueriez de ne pas pouvoir aller tâter du radis noir à la crème, du saucisson chaud pommes à l'huile, des surprenantes rillettes de canard «fumé», des cuisses de grenouilles fraîches, du coq au vin – digne d'éloge, avec sa sauce bien dense, du bœuf bourguignon ou de l'entrecôte Bercy pour deux. Et un baba au rhum pour finir !


Vous vous êtes hypocritement ouvert l'appétit – comme si c'était nécessaire ! – avec un Viré-Clessé. Le Chenas ou le Juliénas peuvent désormais couler à flots.

Vous voyez : rien que du sérieux.

Chez René. 14, boulevard Saint-Germain. Paris Ve.  Fermé samedi midi, dimanche et lundi. Menus : 28, 39, 50 €. Carte : 40 €.

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique